School Propaganda

On omet souvent d’inclure le système d’éducation dans les médias de masse, alors qu’il opère son pouvoir de conditionnement de la maternelle à l’université.  En effet, le Ministère et les professeurs décident de ce qui est bon pour l’ensemble, notamment en incluant ou en excluant certains auteurs ou certains courants de pensées.  Ils ont entre leurs mains le pouvoir indéniable de contrôler l’information qui entre ou n’entre pas dans nos têtes.

À l’époque où l’école enseignait que la terre était plate, ceux qui ne se conformaient pas à cette idée étaient considérés comme des hérétiques.  De nos jours, il serait fou de croire que l’école a cessé d’être un outil de propagande et de conditionnement.  Maintenant que les églises sont fermées, on peut même avancer que les institutions d’enseignement ont encore plus de power qu’avant.  Pour ma part, je prétends que le vrai pouvoir se trouve dans les mains du professeur, puisque c’est lui qui donne le show aux étudiants.  Cependant, comme il risque de perdre son poste s’il se permet de prendre position ou d’enseigner un courant de pensée qui ne fait pas l’unanimité, il doit tout de même se plier à « la ligne du parti » et faire un peu le mouton.

Je suis pourtant convaincu qu’il y a une multitude de façons d’aborder le féminisme, l’individualisme post-moderne, la propagande ou l’histoire de l’Art.  Je rêve d’un professeur qui ne se contentera pas de photocopier quelques pages d’un manuel prémâché, un prof qui m’apporterait davantage qu’une recherche sur Wikipédia.  Il serait inspirant ce prof-là, il donnerait envie de réfléchir en sortant de la trail habituelle.  J’en demande trop, vous direz ?  Un prof n’est qu’un perroquet de Power Point, croyez-vous ?  Je fais partie de ceux qui croient qu’un prof ne devrait pas être seulement un gars qui utilise les plus jolis mots qu’il connait, du genre « voici donc le moment venu pour moi d’effectuer mes propres extrapolations », et qui finit par ne rien apporter de nouveau à la question qu’il a lui-même lancée.  Je ne suis pas d’accord avec un prof qui parle contre la censure alors qu’il est impossible de commenter son blogue et qu’il risque de vous bloquer si vous lui reprochez de ne pas être à la hauteur de vos attentes.

Le plus ridicule dans cette histoire, c’est l’incapacité totale et flagrante des professeurs à faire preuve ne serait-ce que d’un tantinet d’innovation.  L’enseignement repose sur la reproduction perpétuelle de l’information: tout enseignement devrait surpasser une recherche sur Google dans la façon dont il est présenté.

L’approche du genre « on-fait-le-minimum-on-est-juste-à-l’UQAT » reste donc la plus grande erreur d’un professeur.  Et pourtant, l’enseignement (notamment en Multimédia) offre des possibilités de diffusion incroyables à ceux capables d’innovation.  Il est donc temps pour le système d’éducation de sérieusement repenser son modèle d’affaire!  Car ce n’est pas le cinéma hollywoodien ou la musique de Lady Gaga qui est en péril ; c’est plutôt la capacité intellectualisante (moi aussi j’invente des mots !) de l’étudiant qui est en jeu!

Published in: on 24 janvier 2012 at 09:38  Laisser un commentaire  

WikiLeaks : un coup d’Israël ?

Je vous avoue que j’ai passé la semaine à essayer de trouver des preuves tangibles afin de démontrer que le monde est contrôlé par Israël. Ce n’est facile je vous jure.

Pour vous remettre en contexte, à la suite de mon dernier billet, on m’a reproché d’avoir sous-entendu que « les Juifs » étaient une organisation en quête de pouvoir et d’influence, tout comme la mafia et les partis politiques.  Même son de cloche durant la discussion sur Chomsky en classe, lorsque j’ai proposé que le monde était en grande partie contrôlé par les Juifs.  Une mise en garde me fut octroyée contre le fait de propager de « telles énormités ».  J’ai senti une zone sensible, du type qu’on enseigne à l’école des profs : « Attention, ne laissez personne parler contre Israël ! ».

Et moi, comme j’aime explorer les zones sensibles, j’ai eu envie de réfléchir à ce qui a pu me faire croire en cette prémisse, en me mettant à la recherche de faits indubitables qui prouveraient que le prof vit dans le noir.

Ma quête m’a mené à constater que je ferais mieux de prendre soin d’être plus précis lorsque je formule mes interventions. Déjà, avant de vous faire part de mes trouvailles, je tiens à dire qu’il serait moins malhabile de ma part de dire que le monde est contrôlé par certains Juifs, et non tous ceux qui ont la chance d’être Juifs.  Rendu là, je devrais aussi expliquer qu’en disant qu’ils contrôlent « le monde », j’entends « le monde dans lequel on vit », c’est-à-dire l’Amérique (Canada-USA). Et peut-être également qu’il serait bien d’ajouter que par le terme «contrôle», je veux dire « influence en esti ». Si je me comprends bien dans ma political correctness, il me faudrait reformuler ma proposition ainsi :

« Certains indices mènent à envisager que Washington et Ottawa pourraient subir une forte influence d’un certain lobby pro-Israël (AIPAC). »

ou alors ;

« Ils sembleraient qu’une large proportion d’empires médiatiques, de studios de cinéma et de télévision soient sous la direction d’une poignée d’hommes d’affaires, qui ont l’étonnant point commun d’être Juifs. »

En effet, si j’en crois ma recherche, j’ai intérêt à trouver une formulation qui n’attirera pas trop l’attention autour de mon billet. Peut-être connaissez-vous Oliver Stone, réalisateur et producteur américain ?   Dans une entrevue accordée au Sunday Times de Londres, Stone s’est exprimé au sujet du contrôle qu’opèrerait un certain lobby pro-Israël (AIPAC) sur la politique étrangère des États-Unis, ainsi que sur les studios d’Hollywood.  Pour prouver qu’il ne contrôle pas les médias, le lobby Juif aurait fait pression sur la presse et Stone a dû s’excuser publiquement. Il est également intéressant de suivre la cabale qui s’est déclenchée contre Stone (en voici un exemple). On peut également entendre Stone s’exprimer sur le contrôle des banques et des lobby sur le gouvernement américain à cette adresse (3m29s). Vous qui êtes à aiguiser votre littératie médiatique, ne voyez-vous pas quelque chose de louche dans le traitement de cette nouvelle par les médias ? Sinon, alors que dites-vous du cas de Mel Gibson, qui s’est vraiment fait ramasser pour son « F**k the Jews » ? C’est bien l’unique sujet qu’il faille éviter en Amérique.

C’est pourquoi j’ai trouvé Joel Stein, un vrai Juif qui s’exprime sur la question. En fait, c’est un journaliste et collaborateur du Los Angeles Times, qui était déçu de constater que de moins en moins d’Américains croient qu’Hollywood serait contrôlé par une poignée de gens juifs. Il a donc décidé d’écrire un billet ma foi fort intéressant intitulé « How Jewish is Holywood ? », tentant lui-même de prouver que tous les producteurs d’Hollywood ou presque sont Juifs.

S’il en est un qui tente à tout prix de démontrer l’emprise d’Israël sur l’Amérique, c’est bien David Duke. Je trouve ça vraiment dommage qu’il ait l’air aussi peu crédible, car il a vraiment inondé le Web de « preuves ». Wikipédia le décrit comme un ancien sorcier du Ku Klux Klan, ce qui ne lui confère pas tellement de crédibilité selon moi. Il aurait également purgé une peine de prison pour avoir flambé les contributions de ses disciples au casino. Duke se défend en disant que c’est le méchant Zionist qui cherchaient un moyen de lui fermer la trappe. C’est peut-être eux également qui ont rédigé l’article de Wikipedia à son sujet. Je trouve quand même surprenant qu’il soit partout quand on google « jews control US ». Il est tellement trop présent que ça devient louche. Soit il en a vraiment contre les Juifs en général, soit ceux qui contrôlent le monde ne se sentent pas tellement menacés par la crédibilité de David Duke, qui pourrait difficilement avoir plus l’air d’un psychopathe. Il y a peut-être un peu des deux aussi.

Noam Chomsky aborde également la question de l’influence d’Israël en Amérique, ainsi que l’appui que fournissent les États-Unis à Israël. Il demeure toutefois prudent.

Depuis quelques jours, j’entends parler de Wikileaks et, comme j’ai l’habitude de douter de tout ce que me rapportent les médias, je me suis dit qu’il devait y avoir anguille sous roche, que c’était sans doute encore un coup de Washington, et surtout pas une démonstration de la démocratisation des médias. Et bien, selon l’article de Nathaniel Bacon, ce serait encore un coup d’Israël contre les États-Unis. Du chantage haut-de-gamme, ça l’air, pour déstabiliser Barack. À première vue, ça peut avoir l’air tiré par les cheveux, mais son récit est assez bien ficelé pour mériter une légère réflexion.

Je vois bien qu’il me sera impossible de démontrer hors de tout doute l’emprise qu’a réellement Israël sur notre monde. Peut-être un jour comprendrons-nous ce qui nous a si souvent mené en guerre sans trop bien en comprendre les motifs. La chose la plus importante que j’ai apprise au cours de ma recherche aura été qu’il faut faire bien attention avant de d’aborder la question juive, car leur chien de garde semble avoir de bonnes dents. Un autre bel exemple l’illustre : ce professeur suisse emprisonné pour avoir remis en question les événements de la Seconde Guerre Mondiale. Il n’ont pas fait que le renvoyer, ils l’ont mis en prison, suivant la loi qui interdit de remettre en question l’Holocauste. S’il est vrai que mon point est difficile à prouver, il y a certainement un traitement de faveur accordé à Israël en Amérique, juste à en voir la façon dont les médias traitent le conflits en Palestine. N’y a-t-il pas quelque chose de louche ?

Et si c’était vrai, quelles en seraient les répercussions ?

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Ici, Barack chez AIPAC

N.B.  Vive tous les peuples du monde !

Published in: on 30 novembre 2010 at 07:37  Laisser un commentaire  

Manufacture à Confusion

C’est vraiment capoté ce qui se passe dernièrement dans notre petite province.  On dirait que le grand chef des médias vient de se clancher le Parrain 1-2-3, à moins que ce soit juste plein de coïncidences.

Je pense à Rizoto, qui s’est fait zigouiller devant sa femme et sa fille.

Je pense aussi à ces élus qui s’accusent entre eux de corruption et de liens avec la mafia.  Pas que c’est tellement difficile d’imaginer un politicien se faisant faire une « offer he can’t refuse« , qu’il s’agisse de menaces ou d’argent.  Quand les méchants cognent à ta porte, s’ils regardent 24, ils obtiennent possiblement ce qu’ils veulent.  C’est aussi vrai pour les empires médiatiques et les partis politiques, qui sont des organisations en quête de pouvoir et d’influence tout comme la mafia, les juifs, les syndicats ou les Hells.

C’est à Jean Charest que je pense le plus fort.  Vous rappelez-vous d’option Canada, du camp du « Non » au référendum de 1995 ?  Peut-être que non, mais pour faire une histoire courte : Jean et ses amis, aidés par « le Canada », ont contourné la loi électorale en utilisant deux fois plus de financement que permis pour faire la promotion de l’option fédéraliste.  Ça peut paraître anodin, mais ce ne l’est pas.  C’est d’ailleurs la technique qu’a employée  Stephen Harper lors des deux dernières élections.  Lorsque le directeur des élections s’est choqué, Harper a dit qu’il interprétait la loi autrement, et la loi fut changée.

Mais pour en revenir à Jean Charest, ça faisait longtemps que je me demandais comment il avait fait pour gagner le pouvoir, après tout ce qu’il a pu faire depuis 1995.  Tout ce qu’il a fait pour se faire élire  ce sont des promesses qu’il n’a jamais tenues, comme on peut voir ici.  Je n’arrivais pas à comprendre comment le peuple avaient pu lui donner encore une chance après ça, sinon par peur d’aimer mieux le bleu que le rouge.  Maintenant je crois que j’ai une piste pour m’aider à comprendre :  Jean est l’ami du pouvoir, i.e. du Canada, des Juifs, des médias et mafias.  Ça doit certainement aider à se faire élire.

Je termine en demandant ce que dirait Chomsky de tout ça.

Published in: on 23 novembre 2010 at 07:56  Comments (1)  

Viva The Prof !

Une chance qu’il est là, notre The Prof, pour nous émouvoir et nous ouvrir les yeux sur le fatalisme du système d’éducation.  Sans lui, que ferions-nous ?  Où trouverions-nous les raisonnements pertinents et les arguments convaincants, s’il n’en était de sa sagesse médiatique ?  En citant entre autres Jean Charest, The Prof joue le tout pour le tout et démontre qu’il sait manier son arme de débatteur d’idées ; il innove et prend des risques que lui seul peut surmonter.  Il est, je le crois, notre seul espoir dans ce monde où règnent les « pas fins » et les malotrus.

N’est-ce pas habile de sa part de nous balancer des pourcentages pour prouver son point, puisque nous savons que c’est là que se cache la vraie vérité.  Si les statistiques disent que nous sommes « poches » quand on se compare aux autres, c’est que nous le sommes inéluctablement.  Les sondages nous ont-ils déjà menti ?  Que celui qui ne croit pas au sondage me lance la première bourse de cinq milles dollars…

En fait, avant je croyais que les statistiques n’étaient que des pourcentages servant à convaincre la « populace » que ce qu’on veut lui faire croire est véritablement vrai.  Maintenant,  grâce à The Prof, je sais que je peux m’y fier solidement.

D’autant plus pertinent de sa part, il nous illumine sur le fait que le niveau de culture et le niveau d’études seraient intrinsèquement liés, une chose qui m’avait moi-même échappée, et qu’heureusement The Prof a réussi à éclairer pour moi.  En effet, j’avais l’impression jusqu’alors que ces deux choses n’avaient pas du tout de corrélation entre elles, certains bacheliers pouvant me sembler forts érudits, et d’autres  les pires « épais « que je connaisse.   En procédant par induction, j’errais sans doute sur cette question, et ainsi je suis heureux d’ajuster ma pensée à celle que propage The Prof dans son billet, puisqu’elle a tellement plus d’allure et de sens.

Non mais, permettez-moi encore une fois de dire à quel point le billet de The Prof m’a ému par sa pertinence et aussi  par la qualité de son argumentation.  Vraiment, quelle chance j’ai d’être à l’université.  Je me demande pourquoi certains croient que le décrochage scolaire et le faible taux de diplômés universitaires sont directement imputables à qualité de l’enseignement.

 

« Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles. »
[Bill Gates]

Published in: on 16 novembre 2010 at 05:42  Laisser un commentaire  

Stupid is as stupid does, Sir !

J’étais tellement content de voir que Yué a saisi ce que je voulais dire dans mon billet « Show us to fight back ». Je commençais à me sentir incompris, ou du moins j’étais sur le point de penser que mon billet manquait de clarté. Heureusement que Yué m’a rassuré, en résumant habilement dans le premier paragraphe de son billet ce que je tentais de mettre en lumière dans le mien.

Samedi dernier, à la radio de Radio-Canada, je suis tombé par hasard sur un entretien avec Frank Frommer pour la sortie de son livre « La pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide »voir note* [Éditions La découverte]. Une fois de plus, j’étais heureux de ne pas être le seul à sentir qu’il doit y avoir des moyens plus efficients de transmettre le savoir et d’inculquer une compétence aux étudiants, eux qui sont habitués d’être stimulés de toute part par le spectacle.  Ne serait-ce pas envisageable qu’il faille adapter l’enseignement au nouveau standard de son époque,  particulièrement dans un domaine de création et d’innovations comme le nôtre ?  Ne pourrions-nous pas être à l’origine d’une amélioration appréciable ?  Rien ne nous en empêche, sinon peut-être le confort du statu quo.

Je dois avouer qu’en faisant ma recherche sur M. Frommer, je n’ai pas tellement aimé l’attitude de cet homme, notamment dans cette entrevue. Je me demande si c’est seulement ma perception, ou si vraiment il tape sur les rognons.  Je ne savais plus si je devais l’aimer parce qu’il est d’accord avec moi, ou changer d’avis parce qu’il m’énerve et que je ne suis pas séduit par la façon dont il présente ses arguments.  Étant lui-même un soi-disant expert de la communication, je me serais attendu à ce que son intervention soit mieux soutenue et captivante.  Comme j’apprécie les interventions des collègues français faisant partie de notre cursus, je suis curieux de savoir si eux aussi, ils le trouvent « gossant ».  Bien que beaucoup moins « songé », j’ai trouvé que cet humoriste parvenait à illustrer la même idée de façon largement plus divertissante.

Si mon nouvel ami Frank n’a pas su m’impressionner grâce à son charisme, il n’en reste pas moins qu’il a bien fait le tour de son sujet.  Dans une entrevue accordée au journal Le Monde, il cite un article du NewYorker consacré à l’omniprésence de PowerPoint:

« PowerPoint, y lisait-on, est étrangement habile à dissimuler la fragilité d’une proposition, la vacuité d’un [plan d’affaire], devant un public toujours respectueux ; grâce à la distraction visuelle, l’orateur peut rapidement occulter toutes les failles ridicules de son argumentation. »

Frommer mentionne également la commission d’enquête sur l’écrasement de la navette Columbia en disant ceci :

« La commission d’enquête a d’ailleurs dénoncé l’utilisation de PowerPoint [qui aurait] fait passer les ingénieurs de la Nasa à côté d’informations essentielles qui auraient dû les alerter et éviter l’explosion de la navette Columbia.. On ne peut pas évoquer des sujets très précis, scientifiques, articulés, avec PowerPoint. C’est du cinéma ! La transformation de la parole en un spectacle où la raison n’a plus cours. »

N’y a-t-il pas un lien à faire avec la société du spectacle de Guy Debord ?

Mais toute cette réflexion au sujet de la pertinence de l’utilisation systématique de PowerPoint m’a rappelé un article, celui-là fort intéressant, écrit par l’écrivain Nicolas Carr. En effet, dans son désormais célèbre « Is Google making us stupid ? », Carr lance l’idée selon laquelle l’utilisation d’Internet en tant que source inépuisable d’informations aurait un impact direct sur notre endurance intellectuelle et notre capacité de concentration. Ainsi, la facilité d’accès à l’information et la multiplication des distractions présentes dans un contexte de « surfage» sur le Web nous empêcheraient de garder le focus aussi longtemps qu’on le faisait, à l’époque où on apprenait en lisant des livres ou écoutant des exposés magistraux.. Par exemple, si vous avez suivi tous les hyperliens que je vous ai pointés, vous ne lirez probablement pas ce qui suit, ou si du moins vous le faites, vous risquez d’être un peu assommé par toutes ces lectures, toutes ces distractions une à la suite de l’autre. Pour ma part, il m’a fallut plusieurs courtes visites sur le Web pour faire avancer ma recherche.

En suivant le raisonnement de Nicolas Carr, je me suis mis à me demander si c’était moi qui exige trop d’un professeur d’université, en désirant de lui qu’il soit aussi captivant qu’un navigateur Web. Peut-être est-ce moi qui a le cerveau qui s’endort, par manque de concentration ou d’intérêt, en me répétant que j’aurais très bien pu apprendre tout cela en une demi-heure de « Wikipédiage », ou simplement parce que je ne peux « zapper » ce qui se passe devant moi, impossible de cliquer quelque part pour me distraire.

Est-ce donc ma faute, ma responsabilité de me tenir droit sur ma chaise en acceptant que l’apprentissage doit se faire au compte-goutte et qu’ainsi va la vie qui va ? Ou bien est-ce en effet le rôle de l’enseignant de mettre un peu de piquant pour susciter l’intérêt des élèves.  À mon humble avis, la réponse doit se trouver quelque part entre ces deux pôles. En utilisant le temps qu’il consacre habituellement à fabriquer des « slides », un professeur innovateur pourrait découvrir d’étonnantes façons de transmettre et d’évaluer la compétence de ses élèves. De leur côté, les élèves pourraient contribuer en méditant sur la question. Mon professeur disait toujours : « Il y a les étudiants, et il y a mes élèves. ».

Au-delà de la parenté que je décèle entre les articles de Nicolas Carr et de Frank Frommer, j’aimerais souligner à quel point ce débat du CommonWealth Club sur la question de l’impact cognitif qu’à sur nous « le Net » – comme aime le marteler Carr – est un bel exemple de débat intellectuel bien mené de deux côtés, et que je vous invite à visionner. Pour ceux d’entre vous qui ne parlent pas encore l’anglais, vous devriez l’apprendre, car cela s’avère fort utile.

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note:  L’entrevue commence à environ 1cm du début du ficher mp3 (Quicktime).

Published in: on 9 novembre 2010 at 04:25  Laisser un commentaire  

Cogito Ergo Sum Pédo

J’aimerais réagir aux propos tenus par The Prof dans sa réponse à Mike Tremblay.  En effet, je suis surpris que personne n’ait remarqué la façon dont l’information est manipulée pour nous faire avaler que ce père à l’aréna n’est en réalité qu’un vilain pédophile.  Selon moi, il importe d’abord de s’entendre sur la définition du concept de pédophilie.

La définition d’Antidote est la suivante : Attirance sexuelle ressentie par une personne adulte pour un enfant; relation sexuelle entre une personne adulte et un enfant.

Celle de Wikipédia est la suivante : La pédophilie désigne une attirance ou préférence sexuelle d’un adulte envers des enfants pré-pubères.

À mon sens, cette définition est loin de s’appliquer à l’homme qui est décrit par Mike Tremblay.  The Prof appuie Mike dans son estimation de l’âge des monitrices de patin, qui se situerait selon eux entre 12 et 15 ans.  Une estimation qui sert  uniquement à renforcer l’idée que l’homme en question fantasme sur toutes les petites filles de 12 ans qu’il rencontre, un procédé plutôt démagogique à mon sens. Je dirais que j’ai moi-même un bon radar pour deviner l’âge des filles que je croise dans la rue, et il m’arrive souvent d’en rencontrer certaines qui arrivent à déjouer mon filtre.  Également, dans l’histoire relatée, il m’apparait clair que le père dont on parle faisait allusion à une fille en particulier, probablement celle dont le corps s’est développé le plus rapidement, celle qui s’habille -après le patin- de manière à attirer l’attention sur ses formes nouvellement acquises et probablement aussi celle qui se rapproche le plus de ses 16 ans.  Ça ne fait aucune différence, vous croyez ?  Pour ma part, j’y vois toute une différence.  L’homme est programmé pour réagir aux formes du corps de la femme, qui se distinguent de celles d’une enfant pré-pubère et qui est un signe de fertilité chez la femme.  Il n’est pas étonnant qu’une jeune fille en fin d’adolescence puisse éveiller une attirance chez un homme plus âgé, et ça ne fait pas de lui un pédophile. J’ajouterai que l’homme n’a pas tenté d’approcher la jeune monitrice pour la séduire, il n’a fait que remarquer ses formes, qui sont les mêmes que celles d’une femme, et il a exprimé le fait que ça ne le laisse pas indifférent.  Il avait d’ailleurs raison de dire que les jeunes filles d’aujourd’hui sont plus développées que celles d’il y a vingt ans, un phénomène qui serait attribuable à la consommation d’OGM, selon certains.

Mike a tout de même de la chance d’être tombé sur un papa cool. Dans les mêmes circonstances, si Mike était revenu à l’aréna me traiter de pédo, il aurait sans doute eu mal à la bouche pour avoir tenu de tels propos.

Mais où commence la pédophile, dites-moi Prof ?

Published in: on 2 novembre 2010 at 08:44  Comments (1)  

Banksy – The Simpsons

Je viens de voir le dernier « couch gag » des Simpson.  Pour l’occasion, l’équipe de Matt Groening a invité le célèbre pochoiriste Bansky, un pro du grafifiti satirique.

Je voulais partager ça avec vous qui aimez réfléchir à propos de la société de consommation.

 

 

Published in: on 13 octobre 2010 at 18:38  Laisser un commentaire  

Show Us To Fight Back

 

Je me suis précipité pour le dire à Louis-Paul.

Je ne pouvais plus garder pour moi cette révélation qui a surgi de quelque part entre mon couteau, ma Hellman et ma tranche de pain, après le cours de la semaine dernière.

Comment justifier que je sois resté assis là, dans la classe, muet devant l’absurdité du paradoxe auquel je prenais part sans même m’en rendre compte ? Ma seule défense serait de dire que je ressentais le besoin de m’y plonger davantage, de digérer Debord avec un petit quelque chose dans l’estomac (en l’occurrence un sandwich mayo/jambon).

Afin d’éclairer ceux d’entre vous à qui il manquerait une partie de l’histoire, laissez-moi replacer la scène dans son contexte original.

Ce 5ième cours des « Modèles théoriques de la communication de masse » portait principalement sur la société du spectacle, notamment à travers le spectre des théories du cinéaste révolutionnaire français Guy Debord.  Selon Debord, le spectacle se définirait comme « un produit de divertissement visant à aliéner l’individu », afin qu’il abandonne ses propres aspirations et qu’il intègre celles du « méchant  système ».

Pour faire une histoire courte, nous avons appris que Guy avait l’impression que les médias nous manipulent à travers les images qu’elles fabriquent, afin de nous inciter à apprécier les plaisirs de la «Matrix», sus-mentionnée en tant que « méchant système ». En créant cette fausse réalité, le système projèterait devant nous une représentation de notre réalité, qui, bien qu’elle soit biaisée, nous fera assez vibrer pour avoir une influence sur nos valeurs.

C’est ainsi que le marionnettiste réussirait à tisser le lien de confiance avec son spectateur, lien essentiel à l’identification et à la transmission des valeurs de notre société de con-somm-o-max.

Le spectacle, présenté sous la forme d’une image idéalisée illustrant le fini et la complétude, servirait donc à nous détourner du sens profond de notre vie, c’est-à-dire de tisser des liens sincères entre nous. êtres humains.  En effet, l’aliénation par l’image provoquerait selon Debord une forme de déréalisation de l’individu si elle se présente de façon intensive et répétée, comme c’est souvent de cas de nos jours. L’image falsifiée, ou sinon l’écran auquel nous sommes tous rivés, aurait donc pris le dessus sur notre capacité de s’allier, de discuter ou de débattre entre nous, en chair et en os ?

Pour ceux d’entre vous qui suivent encore le fil de ma pensée, le paradoxe que je tente d’exposer est le suivant : pendant que Louis-Paul nous exposait les théories de Debord, nos yeux étaient tous fixés sur la projection PowerPoint devant nous, contrôlés en quelque sorte par l’image projetée à l’écran, plutôt qu’à l’écoute de notre très cher professeur, qui s’exténuait à vulgariser pour nous les notes de cours à l’écran.

L’écran a décidément quelque chose de réconfortant, de non-confrontant ; indéniablement plus confortable à contempler que le regard d’un professeur qui, à tout moment, pourrait nous interpeler, exiger notre participation, nous demander d’exister.  De même, si l’on se place du point de vue du professeur, le PowerPoint permet d’éviter d’avoir à soutenir l’interaction avec le groupe pendant toute la durée du cours.  Les insécurités de chacun sont donc préservées et chaque individu s’en tire à bon compte, sans trop se mouiller dans l’aventure. Du reste, on peut dire que nous sommes bien loin de l’époque où la vocation d’Instituteur, de Maître ou de professeur servait d’inspiration aux étudiants, duquel un respect mérité se dégageait.

Ne sommes-nous pas aliénés par cet écran géant, au local D-307 ? Ne serions-nous pas plus heureux sans lui ?

 

Je vous pose la question.

 

 

 

P.S. J’ai tué une mouche avec la palette de mon téléphone cellulaire.

 

 

Show us to fight back !

 

 

Published in: on 12 octobre 2010 at 02:25  Comments (2)  

Ta…

Je me dois de réagir aux propos tenus par certains de mes collègues et par mon professeur, sur leur blogue respectif.

De mon point de vue, il me semble qu’ils oublient une notion fondamentale : la loi du marché.  Qu’il s’agisse de pleurnicher à propos des performances d’un réalisateur-vedette, qui soit disant gaspille les fonds publics au détriment d’autres inconnus mieux qualifiés, ou bien que ce soit en s’insurgeant contre le manque de variété dans les publicités télévisées ou la « pochitude » des films « blockbusters», encore faut-il se questionner sur le marché cible de ce type de contenu.

En effet, il faudra vous habituer à ne pas être satisfaits, à ne pas vous sentir concernés par ce qu’auront à présenter les médias du futur.   Ils s’adresseront bien sûr à la majorité, celle qui détient l’argent et le pouvoir.  Cette majorité, nous n’en faisons pas partie et il est probable qu’il en soit toujours ainsi.  Tenons-nous le pour dit.

Pourquoi, selon vous, les médias sont-ils saturés par des émissions de « p’tits vieux », si ce n’est parce que ce sont eux qui en sont la cible ?  N’est-ce pas ceux-là qui forment la majorité ?  N’ont-ils pas le gros bout du bâton ?  Devons-nous nous faire à l’idée ?

Published in: on 28 septembre 2010 at 01:14  Laisser un commentaire  

They and the Guy (Paul Reiser)

Lorsque je songe aux médias de masse, me vient en tête ce passage du livre Couplehood, de l’humoriste Paul Reiser :

I believe whatever they say.  I don’t know who They are, but I trust them.  And They say a lot of things.

« You know what they say : ‘Cold hands, warm heart.' »

« Who says that? »

« I don’t know. »

« Hey, you know what they say about swimming on a full stomach. … »

« Who actually said that? »

« I don’t know, but why would they lie? »

I just assume « They » know everything. « They » and « the Guy, » as in « Ask the Guy, he’ll know. »

« I’m sure the Guy can fix it. »

These are the two authorities running the whole show – They and the Guy. The Guy, I believe, is president of They.

« You should have the Guy check out that noise. »

« I did.  I brought it to the Guy – he said he couldn’t fix it. »

« The Guy couldn’t fix it? Are you sure this guy is good? »

« That’s what They say. »

http://www.litteratiemediatique.com/

Published in: on 14 septembre 2010 at 03:04  Laisser un commentaire